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Alain Delorme

zoomer

Portrait

Né en 1979.
Vit et travaille à Paris.


zoomer

Totem # 4



Série Totems, Totem # 4, 2009-2011 © Alain Delorme

Biographie

Il est diplômé de l’école des Gobelins et d’un master en Photographie de l’université Paris VIII.

Sa pratique est celle de la photographie numérique et du montage.

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En 2007, Alain Delorme est lauréat du prix Arcimboldo pour sa série « Little Dolls ». Celle-ci reprend les codes de la photographie familiale et montre des petites filles, posant devant un gâteau, aux allures étrangement féminines.

 

En 2010, Alain Delorme réalise la série « Totems ».

 

En 2013, il crée la série « Murmurations-Ephemeral Plastic Sculptures », charme éphémère d’une nuée d’oiseaux qui se révèle être une formation de milliers de sacs en plastique, symbole même de notre société de consommation. Il joue, là encore, sur un principe de double lecture et d’accumulation.


Paroles d'auteur

« Mes images sont « recréées », tout est choisi et donc « maîtrisé ». Au-delà de l’esthétique, qui est un parti pris, ce qui m’intéresse est de faire passer un message, d’interroger ce que les images peuvent nous dire. »

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Plus généralement, cette série parle de notre société de consommation, du « made in China », tous ces objets identiques et interchangeables. Les « Totems » sont ainsi hautement symboliques : le migrant apparaît au premier abord un peu comme un super héros, mais très vite nous avons le sentiment que les objets menacent de l’engloutir, qu’il est submergé par la multiplication. Tout comme le consommateur ? »

 

« Je m’attache à dépeindre certains phénomènes de notre société de consommation et leurs dérives. C’est souvent le sujet qui me choisit. L’idée me vient lors d’un voyage, d’un travail ou d’une rencontre…

Pour ma série «Totems», l’idée m’est venue lors d’une résidence artistique à Shanghai en 2009. C’était la première fois que j’allais en Chine et je ne m’étais pas documenté. Je ne savais pas si j’allais ramener un sujet. J’avais acheté un vélo le premier jour, pour mieux appréhender la ville.

J’ai tout de suite été frappé par ces tricycles avec ces chargements impressionnants. J’ai fait quelques photos de ceux-ci pour le souvenir, sans but précis, des photos de vacances en somme. Au dixième jour de ma résidence, j’ai été pris de vertiges face à toute cette accumulation : gratte-ciel, bruit, pollution, agitation humaine dans les rues, circulation… Et j’ai retranscrit tout cela dans mes «Totems» en travaillant sur la notion d’accumulation.

J’ai été également frappé par la sensation d’une Chine à deux vitesses, oscillant entre l’éclatante modernité de ses tours et la simplicité – voire le dénuement – d’une partie de sa population dans les rues. Les chargements impressionnants des migrants me sont alors apparus comme une parfaite illustration de ces deux phénomènes, et un bon angle pour aborder la question de l’accumulation/consommation.

 

Toutes mes images sont entièrement recréées, sur une base de 6000 photos intégralement réalisées à Shanghai au cours de 44 jours de prises de vue. Ceci représente un énorme travail technique d’harmonisation, car toutes les photos sont prises sous des angles différents, avec des lumières différentes et des saisons différentes. Surtout, je photographiais à vélo des migrants bien souvent en mouvement… Tout a été spontané, il m’est arrivé de suivre un chargement intéressant pendant de longues minutes pour l’avoir sous plusieurs angles. Souvent je me perdais dans la ville, à force de suivre un chargement, puis un autre et ainsi de suite… Au gré de mes pérégrinations shanghaiennes, je recherchais des porteurs avec des chargements conséquents. Tous les personnages qui sont sur les photos n’ont pas été pris au même endroit. J’ai recréé de petites scénettes sur chaque image et du coup chaque personnage a sa fonction. Par exemple, dans Totem #4, un des ouvriers regarde le chargement avec étonnement, mais en fait, il regarde tout autre chose car au moment de la prise de vue, il n’y avait ni porteur, ni chargement.

 

Pour créer une seule photographie, j’intègre environ une cinquantaine d’images. J’utilise pour mes montages le logiciel Adobe Photoshop. Je ne peux pas exactement quantifier le nombre d’heures que je passe sur chaque image car je travaille plusieurs images à la fois. Mais pour donner une notion de temps, j’ai réalisé les 18 «Totems» sur une période de deux ans, en comptant la prise de vue.

Le travail de la couleur joue aussi un rôle essentiel. Il me permet de souligner le contraste avec une certaine forme de réalité en donnant un côté acidulé et lisse à la composition, pour mieux en souligner la poésie et l’ironie.

Les couleurs permettent d’enjoliver la réalité, et rappellent en cela le rôle des murs bleus que l’on retrouve partout dans la ville – ces murs bleus aux couleurs de la mascotte de l’Exposition Universelle de 2010, qui servent à fermer et cacher aux touristes les bâtiments en construction, mais aussi les zones d’expulsion… »


Le regard du médiateur

Un univers chatoyant, plein de couleurs, presque parfait ? Bien ordonné, bien composé, où tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

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Après s’être perdu dans les lignes des poteaux électriques qui se démultiplient, créent la perspective, après s’être arrêté au milieu des cartons amoncelés, empilés les uns sur les autres, véritable socle, bloc central de l’image, le regard est attiré par des hommes qui ne semblent pas réels dans ce monde en carton-pâte. Comme de petits personnages Playmobil qui entourent par leur marche le vélo surchargé, ils renforcent la convergence du regard vers le centre.

 

Ces hommes sont dans leur quotidien, ouvriers avec leurs casques jaunes, bleus de travail, conducteur du pousse-pousse avec son masque sur le visage pour signifier la protection contre une pollution imperceptible à l’image dans cet univers volontairement lisse. Cette photographie est extraite de la série « Totems » dans laquelle Alain Delorme dresse le portrait des petits métiers de la société chinoise.

 

Alain Delorme, par ce photomontage numérique, questionne le spectateur sur la société chinoise en pleine mutation et le positionnement de l’individu vis-à-vis de cette société. Celui-ci paraît dépassé par la consommation massive signifiée par la course de ce vélo surchargé de cartons similaires, déclinés presque à l’infini. À gauche, le regard du passant, élevé vers le haut du fardeau, émet un doute quant à la fragilité de l’ensemble. Le chargement en équilibre précaire pourrait, en effet, s’effondrer avec facilité. Dans ce monde tourné vers le modernisme, avec ses lignes horizontales, très géométriques, ce chargement ne semble pas vouloir obéir à des lois précises. Surgissant de la droite en direction de la gauche, il est une apparition à contre-courant, un rappel du passé dans un monde en transformation.

 

Semblable aux deux plateaux d’une balance, entre équilibre et déséquilibre, il introduit une dimension poétique et pleine d’humour qui rompt avec la rigueur de la construction de l’image comme pour mieux souligner la possible fragilité de cette société.


Notions photographiques

POST-PRODUCTION

 

À partir d’une prise de vue originelle, le photographe va retravailler ses images soit pour les améliorer en termes de colorimétrie, de densité, soit pour les recomposer à partir de plusieurs images pour en créer une nouvelle. C’est la post-production au cours de laquelle l’artiste recrée une œuvre nouvelle pour faire passer un message ou provoquer une réaction, l’interrogation, l’étonnement, l’émotion de celui qui la regarde.

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Dans cette série de photographies intitulée « Totems », Delorme travaille ses images en assemblant plusieurs prises de vue pour en composer une seule : chargements d’objets hétéroclites, caisses, pneus, bouteilles de gaz, jouets, tous identiques et interchangeables. Ces objets auxquels on semble vouloir porter un culte sont les nouvelles divinités de ce monde, les « totems » de cette société.


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