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Charles Fréger

zoomer

Portrait

Né en 1975 à Bourges, France.
Vit et travaille à Rouen, France.


zoomer

Mendon



Mendon (Iōjima, Kagoshima Prefecture) série Yokainoshima 2013 - 2015 © Charles Fréger

Biographie

Charles Fréger a délimité voici plus de quinze ans son territoire : celui du portrait, et de l’interrelation entre l’individu et le milieu qu’il s’est choisi. Interface entre eux deux, l’uniforme, qui atteste l’appartenance au sein de la communauté d’élection, est le fil rouge qui traverse l’œuvre.

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Charles Fréger constitue ainsi au fil des ans un vaste corpus, rassemblé sous un intitulé explicite, par lequel il définit encore aujourd’hui sa pratique : Portraits photographiques et uniformes. Du vêtement entendu comme espace de projection à la mascarade, il n’y a qu’un pas que Charles Fréger franchit dès 2008 avec les Fantasias au Brésil, avec l’Opéra en Chine, puis avec les traditions hivernales masquées en Europe, dirigeant son œuvre vers une théâtralité assumée.


Paroles d'auteur

Mon travail photographique, à la base, est une sorte d’accumulation de portraits, souvent de personnes qui appartiennent à des communautés, que ce soit sportives, militaires, professionnelles, traditionnelles.

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Je recherche des groupes avec des codes forts, avec des attitudes particulières, des groupes où l’identité est vraiment écrite sur le vêtement, sur l’uniforme. C’est la dualité entre l’individu et son groupe qui m’intéresse, l’appartenance de chacun à un groupe, la question de l’identité de quelqu’un : son identité est-elle dissoute par le groupe ou alors est-ce qu’il y trouve sa place, est-ce qu’il aurait même tendance à définir son identité, à exister par le groupe?

 

Petit à petit, je me suis intéressé à une forme plus sauvage, plus primitive, toujours à une communauté, à des groupes codifiés, mais cette fois-ci sans être strictement dans le portrait mais plutôt dans la silhouette photographique.
Dans les silhouettes sauvages il y avait pour moi quelque chose qui permettait vraiment d’être en lien avec la bête. Tout d’un coup le corps se courbe. Le corps, la façon dont il se tord, devient presque chorégraphique.

 

Le protocole de prise de vue est toujours de photographier dans l’environnement proche. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer je ne photographie pas les silhouettes dans le vrai contexte des mascarades ou des carnavals mais plutôt dans la nature environnante. Ça commence par un repérage pour trouver l’environnement qui me plaît. Ensuite, c’est réellement une mise en scène : on éclaire avec des flashes de studio, et la personne se met vraiment dans une attitude, un mouvement, dans une pose. Tout ça est calé jusqu’à parfois attendre le bon nuage au bon endroit, le moment où le brouillard se place bien derrière. Le lien entre le portrait et le paysage est essentiel, sans pour autant que le paysage prenne la part belle à la silhouette.


Le regard du médiateur

La prise de vue est frontale, le sujet centré. La lumière blanche et forte, celle d’un flash, «saisit» le sujet, l’aplatit contre l’arrière-plan. Le paysage de montagne et son coin de ciel nuageux, légèrement flous, sont rabattus comme un décor presque factice. Les couleurs acidulées entrent en tension : vert printanier de l’herbe et rouge vif du masque, fiché d’immenses yeux blancs ovoïdes, fixant le sol.

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Deux mains et deux pieds humains dépassent du costume de paille. Le «monstre», patient, semble poser pour le photographe.
Quel est ce personnage? Qui l’incarne? Dans quelle situation a-t-il été photographié? À première vue, aucune indication précise ne nous est donnée, ni sur son identité, ni sur le contexte. Dans cet étrange portrait, mi-comique mi-effrayant, il nous manque des codes pour comprendre.
En l’absence de ces codes, nous en restons à l’apparence visuelle, colorée, à ce que ce personnage déclenche comme émotions. Loin de livrer les secrets des personnages qu’il photographie, Charles Fréger nous les donne à voir dans une vision frontale, dans l’aspect très direct de leur apparence.

 

Pour son projet «Yokainoshima», dont les prises de vues ont été réalisées entre 2013 et 2015, Charles Fréger a parcouru le Japon à la rencontre des figures ancestrales que sont les «yōkai». Ce mot intraduisible désigne les esprits, les monstres, tous les dieux-visiteurs apparaîssant lors de rituels traditionnels, souvent liés à la culture du riz. Vivant dans les fonds sous-marins, dans les hautes montagnes ou dans le ciel, ils surgissent pendant ces festivals, effrayant la foule et amenant par leurs incantations le bonheur ou une récolte fertile.

 

À travers un protocole de prise de vue très rigoureux, Fréger tente de capter à la fois l’apparence du monstre, figé dans sa posture démonstrative, et les indices de l’être humain qui l’incarne, à travers la forme très classique d’une photographie de studio, dont le dispositif est ici adapté en plein air.
Un arrière-plan comme un décor, pas de hors champ, on reste focalisé sur ce personnage et sur sa double identité.

 

Dans la continuité de sa série «Wilder Mann», vaste panorama des rituels sauvages et tribaux existant en Europe, Charles Fréger se place à mi-chemin entre l’intérêt anthropologique et le saisissement visuel. Il ne classe pas, il ne rationnalise pas, il montre. Constituant peu à peu un inventaire, une collection de figures, il nous confronte à des identités multiples, ambigües, sur lesquelles se projettent autant nos interrogations que notre fantaisie, notre imaginaire.


Notions photographiques

SUJET

 

Le sujet est ce que l’on photographie, l’objet principal de l’attention et de l’intention du photographe. Cela peut-être une personne, une action, un paysage, un objet.

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Le photographe, qui travaille avec la lumière, est attentif à la façon dont l’éclairage donne à voir son sujet, à la distance de prise de vue (par le choix de son point de vue et de sa focale) ainsi qu’à la place qu’il va lui donner dans le cadre et la composition. Le sujet est-il central? Est-il isolé par le cadre ou relié à un hors-champ? Se sent-on proche de lui ou mis à distance? Entre-t-on dans une sphère intime ou non?
La relation que le photographe entretient avec son sujet est essentielle, et tout particulièrement dans le cas du portrait, qui met en jeu une interaction, une rencontre. Chaque photographe, selon son intention mais aussi beaucoup sa manière d’être et de travailler, va rechercher un équilibre particulier entre maîtrise de la situation et part d’incertitude. Parler avec son sujet, le faire rire, le laisser douter, attendre jusqu’à ce que quelque chose se passe : le moment de la prise de vue est un moment où quelque chose se construit avec le sujet. Le photographe décuple son attention, pour être disponible à la fois à ce qui se passe dans le réel, et à la construction visuelle d’une image fixe et silencieuse.

 

Les photographies de Charles Fréger organisent un espace de représentation : à la fois au sens d’une scène – comme un plateau de théâtre – et d’un enregistrement visuel de ce qui s’y déroule.
Charles Fréger parle de son dispositif de prise de vue comme d’une sorte de «ring», où il aime entrer dans un rapport de force avec ce qu’il photographie. Ses sujets se plient à un cadre, se laissent saisir par la lumière blanche du flash, mais ils se donnent aussi à voir d’une manière particulière, démonstrative.
C’est une co-construction à l’équilibre fragile, une négociation permanente entre ce que le sujet donne à voir, ce que le photographe veut obtenir, ce que permet la technique, et une part flottante de chacun de ces paramètres.


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