BIENVENUE SUR L'ATELIER DES PHOTOGRAPHES !

Un outil pédagogique d'éducation au regard gratuit et ouvert à tous.
Découvrez des photographies, rencontrez leurs auteurs et expérimentez des dizaines d'ateliers. Accéder à la plateforme
  • Mur
  • Chercher
  • Paramètres
Le mur d'images

Renvoie au mur d’images à tout moment. En cliquant sur la photographie de votre choix, découvrez l'univers de l'auteur et les ateliers associés.

La navigation

Accédez directement à la rubrique de votre choix : photographes, notions, thèmes, ateliers. Les notions photographiques sont expliquées dans le glossaire.

Mon compte

Connectez-vous ou inscrivez-vous sur l’Atelier des photographes pour avoir accès aux ateliers. Le symbole est en vert lorsque vous êtes connecté.

Informations

Retrouvez toutes les informations concernant L’Atelier des photographes et les actions pédagogiques des Rencontres de la photographie.

Télécharger le tutoriel en PDF

fermer

Claude Ribouillault

zoomer

Portrait

Né en 1951 à Paris, France.

Vit et travaille à Chantecorps, France.

Photo : © Émile Collado


zoomer

Ferdinand-Célestin Contat (1902-1940)



Ferdinand-Célestin Contat (1902-1940), le géant savoyard, carte postale vers 1925, vendue lors de son passage. Collection Claude Ribouillault.

Biographie

Issu d’une famille de conteurs et de musiciens de noces du Centre-Ouest, Claude Ribouillault est poète, musicien, illustrateur, ethnologue et collectionneur d’objets à vif : les murs, les tiroirs et les poutres de sa maison de Chantecorps, en Gâtine poitevine, sont remplis d’instruments de musique d’art populaire, de masques, de marionnettes, de photographies anciennes et documents divers sur tous les sujets qui l’émeuvent.

Lire la suite Refermer

Il a consacré de nombreuses expositions, spectacles, animations et ouvrages aux patrimoines traditionnels oraux, écrits, musicaux et iconographiques. Il est l’auteur de trois livres parus aux éditions du Rouergue : «La Musique au fusil», «Musiques d’à bord» et «Nains, hercules & géants».


Paroles d'auteur

J’ai des milliers de photos complètement inédites, souvent de sources privées. Les gens faisaient eux-mêmes ces images : on achetait du papier photo avec le dos carte postale et on développait.

Lire la suite Refermer

Ce sont des tirages entre 1 et 10 exemplaires la plupart du temps, donc ce sont des documents exceptionnels qui n’ont pas été fabriqués pour être des documents d’histoire mais qui le sont réellement parce qu’ils parlent du quotidien, ils sont près des gens. Ces photos ont une vie en elles. Croiser les regards des gens ça les rapproche de nous terriblement. En tous cas c’est ce que je ressens d’abord. Moi, j’essaie ensuite de le faire partager.

 

Le droit à la différence vu par le biais de la taille…voilà un sujet passionnant.
Les représentations, dessins et caricatures, clichés photographiques, sculptures… rendent compte depuis toujours de l’éventail des points de vue sur ces formes de différence, car elles attirent infailliblement le regard, la sympathie, la pitié et jusqu’au voyeurisme. Depuis que ces médias sont disponibles, les êtres de conformation particulière, seuls ou au sein des groupes, ont eu une place privilégiée sur les portraits.
Les écarts par rapport à la moyenne étant patents, incontournables, visibles et voyants, ils attirent le regard et – on le sait même si on le regrette – les jugements, les idées reçues, les ostracismes imbéciles. Cela dit, disons-le fermement : une personne est une personne, on ne peut s’en faire une opinion qu’en la connaissant, en partageant des activités ou des conversations avec elle. L’image seule ne saurait conditionner le regard d’autrui.


Le regard du médiateur

Ferdinand Contat, dit «le géant savoyard», mesure 2m35, pèse 207 kilos, chausse du 63. Au dos de la carte postale, on peut aussi lire que son pouce couvre une pièce de 5 francs et qu’il offre 1 000 francs à son rival.

Une chose est sûre : quand il sort dans la rue Ferdinand Contat fait sensation, et quand on la regarde cette photographie provoque la surprise.
Le jeu d’échelle est frappant, la taille inhabituelle du modèle dépasse même les limites du décor peint en arrière-plan. Le choix du cadrage dépend d’ailleurs entièrement de sa taille et de la largeur de son bras tendu.

Lire la suite Refermer

Observons les deux hommes présents sur cette image : Ferdinand Contat, le visage un peu endormi, flotte dans un pardessus mal ajusté, affublé d’un chapeau inadapté. Il plie son bras droit de manière étrange, comme pour ne pas dépasser du cadre, et laisse passivement son acolyte lui tendre l’autre bras comme celui d’un pantin. À droite, le montreur, parfaitement à son aise dans  ses habits sur mesure, tient le col de sa veste avec assurance et toise du regard les spectateurs que nous sommes devenus. Il semble même écraser légèrement la pointe du pied de Ferdinand Contat, comme pour lui intimer de rester en place. Spécimen de l’homme normal, il est là pour donner l’échelle et nous invite à regarder, à applaudir, à s’amuser de la vision de cet homme au physique exceptionnel. Étonnement et curiosité? Raillerie? Empathie? Admiration? Qu’est-ce qui pousse les gens à s’attrouper autour de Ferdinand Contat et à acheter cette carte postale en souvenir?

 

S’il n’attire pas forcément la moquerie, ce personnage hors-norme n’en est pas moins considéré comme un objet de curiosité, un «phénomène de foire». C’est d’ailleurs dans ce rôle que Ferdinand Contat a gagné sa vie, engagé par la maison Spirkel. D’où vient cet intérêt et ce voyeurisme? À quel imaginaire et à quels fantasmes fait appel la figure du géant?

 

En nous plaçant dans le point de vue du curieux et du voyeur, cette image nous renvoie en filigrane à toutes celles qui donnent à voir la différence, de manière plus ou moins violente.
Car en montrant ce qui est hors-norme, c’est bien la norme qui s’affirme, dans sa toute-puissance.
Au-delà de la curiosité et de l’anecdote, l’enjeu est bien celui de notre rapport à l’autre. Cette photographie sur carte postale – qui est aussi un document sur la société française des années 1920 – pose une question capitale : d’où est-ce qu’on regarde?

 

Claude Ribouillault explore la question dans toutes ses nuances : à travers le filtre de la différence de taille, les images de sa collection mettent toutes en jeu la question de l’anomalie, du fantasme et de l’altérité.


Notions photographiques

COLLECTION

 

Il existe de nombreux types de collections photographiques : celles des musées, construites autour d’un patrimoine historique et artistique commun, celles d’hommes d’affaires qui achètent et revendent des pièces de valeur sur le marché de l’art, celles de collectionneurs privés qui partagent leur passion et leurs connaissances en montrant leurs trésors.

Lire la suite Refermer

À notre échelle, nous sommes tous des collectionneurs. De manière plus ou moins organisée, nous rassemblons des choses qui comptent et qui ont du sens, selons nos propres critères. Une collection révèle toujours une volonté d’appropriation, de conservation et de partage. Elle met aussi en jeu la notion de valeur : historique, marchande, affective.

 

Quel que soit leur support, les photographies se prêtent bien à la collection : elles témoignent à la fois d’un moment précis et d’une traversée du temps de ces objets visuels. Une collection est un réservoir d’histoires. Évolutive, elle est indissociable de l’identité du collectionneur et de sa vision du monde.

 

Montrer une collection, c’est tenter de partager avec le public ce point de vue, cette histoire, cette valeur en restituant dans l’espace d’exposition (ou du livre) le plaisir et le travail du collectionneur : curiosité, juxtaposition, témoignage, imaginaire.

 

Claude Ribouillault s’intéresse aux patrimoines traditionnels oraux, écrits, musicaux et iconographiques. Sa collection de photographies vernaculaires (cf. glossaire) cherche à rendre visibles des pans mal connus de l’histoire, se rapprochant du travail de l’historien mais en assumant et revendiquant une grande subjectivité.


Connexion
Mot de passe oublié ?
Vous n'êtes pas encore inscrit ? Inscrivez-vous

L'accès aux ateliers est gratuit, nous vous demandons simplement de bien vouloir remplir au préalable un formulaire d'inscription.