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Eleanor Antin

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Portrait

Née en 1935 à New York, États-Unis.
Vit et travaille à San Diego, États-Unis.


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100 Boots in Reconnaissance



100 Boots in Reconnaissance (100 bottes en reconnaissance), série «100 Boots» 1971-1973 51 cartes postales noir et blanc - 11,5 x 17,8 cm ©Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Adam Rzepka ©Eleanor Antin

Biographie

Basée à New York puis à San Diego, enseignante à l’Université de Californie-Irvine dans les années 1970, Eleanor Antin est une artiste conceptuelle et féministe.

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Son œuvre mobilise la performance, l’installation, l’art vidéo et la photographie, mettant souvent en scène des personnages fictifs pour explorer le concept de l’autoportrait et pour étudier la construction de l’identité. Pionnière du « Mail Art », qui prend comme support la correspondance postale, elle questionne et bouleverse les formes traditionnelles de la représentation.


Paroles d’auteur

Le courrier traditionnel était une expérience très différente de celle d’Internet. Sous la forme d’une carte postale, une photographie arrivait dans votre boîte aux lettres et c’était un objet que vous teniez dans votre main.

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Chacune d’elles représentait un endroit où j’avais réalisé les images de la série «100 Boots», et après avoir enregistré cela, je vous l’envoyais pour la prendre dans votre main et la regarder avant de la glisser dans un tiroir de bureau, de l’aimanter sur le frigo, ou peut-être juste de vous en débarrasser. Internet n’est pas un lieu. C’est un grand vide, un trou noir, duquel vous pouvez extraire une quantité incroyable d’informations désorganisées. C’est interactif et peut atteindre des millions de personnes, et non quelque chose de tranquillement déposé dans une petite boîte aux lettres par un facteur avec une grande sacoche en cuir sur l’épaule. Les angles cornés de la carte suggèrent quelque chose des lieux où la carte elle-même s’est trouvée avant d’arriver chez vous. Sur Internet, vous effacez sans toucher. «Germ free. Life free.»


Le regard du médiateur

Une carte postale en noir et blanc, tamponnée à Washington le 19 mars 1973. Sur le flanc d’une colline, on observe une scène étrange : une file d’hommes invisibles – ou simplement de paires de bottes – gravit la colline et se rassemble sous un arbre.

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La photographie est assez peu contrastée, l’espace aplati par l’absence d’horizon et la lumière du midi. Cet étonnant phénomène ponctue le paysage aride d’une manière très graphique, comme une procession de corps invisibles.
Que sont-ils en train de faire et qui sont-ils? Qui entre dans ces bottes? Éleveurs, militaires? Prenant la partie pour le tout, on ne peut que se projeter, imaginer l’identité de ces personnages. Ils suggèrent aussi une conquête du territoire américain et de ses grands espaces.
Sur la gauche de l’image, des marques d’encre rouge : elles nous rappellent que cette image a un support bien particulier, qu’elle est une carte postale passée de main en main. Cet objet a une histoire : il a traversé le pays et les vagues du tampon de la poste font un clin d’œil involontaire à cette idée de paysage.

La légende («1OO bottes en reconnaissance» de la série «100 bottes») oriente notre lecture de l’image et nous invite à aller voir le reste de la série. Dans l’image complémentaire (onglet «Aller plus loin») on retrouve «100 Boots out of a job»  («100 bottes au chômage»), face à un paysage industriel.

 

De 1971 à 1973, Eleanor Antin a fait entreprendre à 100 bottes en caoutchouc un voyage allant de la Californie à New York. Elle a fait appel à un professionnel pour réaliser les 51 images de la série, éditées sous forme de cartes postales à mille exemplaires et envoyées à des personnalités de l’art, artistes, galeristes, institutionnels ou critiques, en Europe et aux Etats-Unis.

 

Par ces mises en scène très graphiques, dont la poésie et le jeu sur l’invisible évoquent la pratique des Surréalistes, Eleanor Antin soulève des questions politiques. À l’église, à l’usine, à la ferme, dans les rues de la grande ville, ces bottes brossent un portrait du peuple américain. Parfois désordonnées mais le plus souvent alignées et disciplinées, elles interrogent son comportement et son identité, en pleine période de guerre du Vietnam.

 

Ces images évoquent aussi les photographies de la Grande Dépression prises par les photographes de la FSA dans les années 1930 (cf. Aller plus loin). Elles rejoignent par ailleurs l’univers de la performance, cher à Eleanor Antin, et celui de l’art postal des années 1970, deux approches artistiques qui ont inventé de nouveaux modes d’existence et de diffusion des œuvres, inscrivant l’art dans le présent et dans le quotidien, posant la question très actuelle de la circulation des images.


Notions photographiques

SUPPORT

 

Papier, métal, tissu, plastique, verre, carton, porcelaine, les supports physiques de la photographie sont multiples et définissent l’image en tant qu’objet.

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Aujourd’hui, une grande partie des images que nous regardons passent par un écran : immatérielles et fugitives, elles nous permettent de zoomer, transférer, partager, n’ont pas de format défini et circulent dans plusieurs directions. Elles n’ont donc pas véritablement de support physique.
Mais sur une carte postale, une affiche publicitaire, un t-shirt, une page de journal, un mug ou un papier photographique de haute qualité, l’image imprimée est un objet avec sa taille, son volume, sa présence. On peut le toucher et le prendre dans ses mains. Il accueille une version bien précise de l’image (format, type d’impression, texture) qui à la fois perdure et évolue dans le temps. En tant qu’objet, il a une histoire, plus ou moins visible à travers les traces laissées sur le support. En tant qu’objet, il a une valeur matérielle et affective, et celle-ci varie jusqu’au jour où, devenu un déchet, il est jeté, détruit par quelqu’un ou emporté par le vent, délavé par la pluie.

Qu’il travaille ou non en numérique, un photographe doit s’interroger sur le support de ses images, comme un musicien se pose la question de la manière dont sa musique sera diffusée et entendue. Se poser la question du support, c’est donc penser au spectateur et à son expérience sensible, dans le monde physique où nous vivons tous.

 

Pour Eleanor Antin, il était important de passer par le support de la carte postale pour son projet «100 Boots». Celle-ci lui permet de faire circuler l’image de main en main et d’intégrer le voyage de cette image et ses traces (tampons, angles cornés) comme un élément essentiel de son travail. L’artiste envisageait cette « performance par courrier» comme une façon «de montrer l’art aux gens autrement qu’en les collant sur les murs blancs et nus des galeries new-yorkaises».
Le fait que ces cartes postales se retrouvent finalement dans un musée rajoute une nouvelle strate à leur histoire d’objet.
Tout comme leur présence sur cette plateforme numérique, qui est en réalité une reproduction de ces objets, l’image d’une image.


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