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Niels Ackermann

zoomer

Portrait

Né en 1987 à Genève, Suisse.
Vit et travaille entre Genève et Kiev, Ukraine.



Le travail «Looking for Lenin» a été mené avec le journaliste Sébastien Gobert. Né en 1985 à Lagny-sur-Marne (France), il vit et travaille en Ukraine depuis 2011.

Photo : © Anna Shumeiko


zoomer

Looking for Lenin



Looking for Lenin, Korji (Ukraine), 3 juin 2016 © Niels Ackermann
Le village de Korji tente de vendre la statue locale pour 15 000 dollars, afin de financer les rénovations de la crèche et de l’école. Pour un prix aussi élevé, la statue ne trouve pas d’acheteur. Le mécanicien responsable de la vente craint de devoir la vendre pour le seul prix du métal, et d’en tirer seulement 3 000 dollars.

Biographie

En parallèle d’études en sciences politiques à l’université de Genève, Niels Ackermann a commencé à travailler pour la presse suisse et internationale en 2007.

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L’Ange Blanc, son reportage sur la jeunesse post-Tchernobyl, lui a valu de nombreuses distinctions dont le prix Rémi Ochlik-Ville de Perpignan ou le Swiss Press Photo Award. Il a été présenté dans divers festivals et expositions en Chine, en France, aux Pays-Bas ou en Suisse. Les photographies de «Looking for Lenin» ont fait l’objet d’une exposition lors des Rencontres d’Arles 2017. Niels Ackermann vit à Kiev depuis 2015.

 

Voyageur, Sébastien Gobert a sillonné l’espace post-communiste pendant de nombreuses années en tant que journaliste indépendant. Installé en Ukraine depuis 2011, il est notamment correspondant pour Libération, Radio France Internationale, Le Monde Diplomatique et La Tribune de Genève. Son travail a été récompensé par le prix Writing for CEE en 2013. Il tient un blog intitulé « Nouvelles de l’Est. Récits d’Ukraine et d’ailleurs ».


Paroles d'auteur

Ce n’était pas gagné d’avance parce qu’on photographiait finalement tout le temps la même chose : Lénine. Sachant qu’il y avait 5 500 statues de Lénine à travers tout le pays, remplir un article de journal, un livre ou autre avec dix, vingt ou cent photos de la même chose tout le temps, ça peut devenir très lassant. En fait, notre grande chance – et ça, on s’en est rendu compte après avoir fait quatre ou cinq statues – c’est qu’à chaque fois, elles nous racontaient quelque chose de différent.

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Une tête découpée entreposée sans aucune mise en forme dans un musée, une statue qui s’écrase dans l’herbe… Certaines ont des structures communes mais elles racontent toutes une histoire différente – ce qui correspond bien aux histoires que Sébastien a récoltées au long du projet. Chacune nous raconte l’Ukraine et la décommunisation dans toutes leurs nuances.

 

Ce qu’on essaie de raconter à travers ce projet, c’est que le rapport des gens à la décommunisation et au passé soviétique est extrêmement varié : des nostalgiques de l’URSS à ceux qui disent que cette décommunisation aurait dû être faite beaucoup plus tôt… Les méthodes sont aussi très différentes. Tout le monde ne soutient pas la suppression des monuments. Si on regarde les sondages, on voit que c’est très loin de faire l’unanimité. Les gens sont conscients de la valeur culturelle de certains de ces monuments, mais ils sont aussi conscients de l’héritage historique. Et nous, étant étrangers, on ne voulait émettre aucun jugement. On est juste là pour documenter le processus. Ce serait trop facile de dire : « Les Ukrainiens cassent des statues, donc ce sont des fascistes. » À travers les témoignages, on voit bien que c’est plus complexe que ça : on voit une Ukraine qui est en train de se réinventer, de questionner son histoire.


Le regard du médiateur

Veste bleu clair sur habits jaunes, posée sur l’herbe verte, une statue métallique de Lénine repeinte aux couleurs du drapeau ukrainien côtoie une voiture froissée au fond d’un terrain vague.

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Sous un ciel traversé de nuages, la lumière est assez neutre, sans ombres particulières. Ce sont plutôt la brillance grise du métal et la vivacité des couleurs qui dominent et donnent à cette image une tonalité acidulée, une fraîcheur qui contribue à l’ambivalence du sujet, entre vestige et contemporanéité.

 

L’horizon est barré par la clôture, le paysage simplement suggéré à l’arrière-plan, c’est l’envers du décor. Le cadrage et la construction de l’image sur les deux grandes diagonales engage un dialogue entre les deux objets. La voiture, qui a toujours ses pneus, n’est pas une épave rouillée : elle a plutôt subi un accident qui a endommagé tout le côté droit. Vouée à être désossée, elle n’a plus de valeur que pour ses pièces détachées. La statue de Lénine, qui lui tourne le dos, a elle aussi fini aussi dans les herbes folles, déboulonnée et tronquée de sa partie inférieure. Elle a perdu son prestige et sa position au centre du village : stockée là, elle n’est plus qu’un vestige historique, destiné à être vendu comme élément de décoration. Ou bien, à défaut d’acheteur, elle sera fondue pour le prix du métal, comme nous l’apprend la légende. Comme en écho à la météo changeante, ces objets sont photographiés dans un état transitoire qui questionne leur valeur : symbolique, affective, marchande.

 

Pistant Lénine dans les arrière-cours et les coulisses du paysage, le photographe Niels Ackermann et le journaliste Sébastien Gobert ont combiné une approche documentaire et une démarche de collectionneurs. À la recherche de ces statues massivement déboulonnées depuis le début du processus de décommunisation — décidé par le gouvernement ukrainien en 2015 — ils se sont rendu compte que cette figure clé ne laissait personne indifférent. Comme le montre la divergence des témoignages récoltés par Sébastien Gobert, le destin des 5500 Lénine ukrainiens est un miroir de la relation du pays à son passé communiste et cristallise le débat actuel sur son histoire, son identité, sa mémoire et son avenir.
Que faire de ces repères historiques et quotidiens? Faut-il ignorer le passé pour tourner la page? Peut-on liquider son histoire comme on fait fondre le métal de Lénine? De la place du village au dépôt du mécanicien, que sont devenues ces statues et que signifie ce glissement?  Préservées avec nostalgie ou détruites avec rage, détournées avec humour ou revendues pour l’argent, elles sont toujours réinvesties, soulèvent toujours un débat virulent.

 

Cette image échappe à un romantisme de la ruine ou à une esthétique «vintage» parfois associées à ce types de sujet. Au contraire, Ackermann et Gobert se placent dans le présent et recueillent des images et des témoignages donnant à voir les tensions, les contradictions et la complexité de la situation ukrainienne contemporaine. Sans juger, ils interrogent aussi leur propre regard sur l’ex-URSS : et nous, que cherchons-nous chez Lenine? Un exotisme de l’icône déchue, un humour de l’absurde? Cherchons-nous vraiment à comprendre? D’où regardons-nous cette histoire et cette situation?


Notions photographiques

LÉGENDE

 

La légende est un très court texte accompagnant une image. Elle est souvent descriptive, donnant le nom de l’auteur, indiquant le lieu et le moment de la prise de vue. Elle peut aussi amener des informations sur le contexte.

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Le choix de ces informations est déterminant, car celles-ci influencent le regard que l’on porte sur l’image : elles peuvent répondre à certaines de nos questions, nous surprendre par rapport à nos attentes ou notre première réaction, pointer un détail que nous n’avions pas vu. Il peut aussi s’agir d’un titre, qui introduit du mystère, de l’humour ou de l’ironie dans notre lecture de l’image.
La notion de légende est directement liée à celle du contexte. Contexte de production de l’image, sur lequel elle nous informe, contexte de diffusion (journal, page web, couverture de livre, exposition) en fonction duquel elle varie, et contexte de réception, qu’elle influence de manière décisive. En effet, une même image peut prendre des sens très différents, voire opposés, selon la légende qui l’accompagne.

 

Dans le cas de cette photographie de Niels Ackermann, la légende est très importante : rédigée par le journaliste Sébastien Gobert, elle nous raconte l’histoire de ce que nous voyons, nous donne des clés de compréhension de la situation.
Elle est ici véritablement complémentaire de la photographie, s’inscrit dans une approche journalistique.


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